Soigner une blessure au garrot en hiver

Bon, j’ai mis un peu de temps, mais voila l’article promis !
Pour petit rappel : Spirit a donc porté durant une dizaine de jours un couvre épaules légèrement trop petit pour lui et donc trop serré.
Au bout de ces 10 jours, il avait développé une boule un peu douloureuse au garrot. Véto, soins etc… Au moment où on pensait que c’était sur le point d’être réglé, surprise, la peau de cette boule décide de se décoller et de mettre le garrot de Spirit à vif ! On est au mois de décembre, Spirit est tondu, la galère s’annonce…

Je teste d’abord de lui mettre un morceau de nappe ciré (partie lisse vers le garrot) sous la couverture, avec une bonne couche de crème entre le garrot et la nappe. Je n’ai pas grand chose pour que ça tienne hormis une sangle élastique. Force est de constater au bout de 2 jours que ça ne fonctionne pas du tout.
Spirit se couche la nuit et le lendemain je retrouve le morceau de nappe dans le box et la sangle est descendue jusqu’à ses reins…

Heureusement la femme de JM prend les choses en main ! Elle trouve un veille amortisseur en mousse, une paire de ciseaux et du fil de couture épais.
Voici un petit schéma de la découpe effectuée dans l’amortisseur :

Le morceau enlevé pour faire le trou est ensuite découpé en 2 et cousu sur l’amortisseur de chaque côtés du trou afin de surélever encore mieux la couverture (Spirit en a perdu un en cours de route).
Ensuite il a fallut choisir la bonne couverture, et prendre des mesures sur Spirit pour savoir où coudre l’amortisseur afin que notre trou d’aération soit bien placé. La femme de JM a fait ça comme Karl Lagerfeld ! Une vraie pro !
Il ne s’agit quand même pas de lui faire une couverture haute couture, de gros points grossiers suffisent à maintenir l’amortisseur en place et permettent également de limiter les dégâts sur la couverture.

Après ça Spirit pouvait être couvert tout en laissant respirer la plaie. La couverture n’étant pas très chaude il a vite refait du poil, ce qui m’a permis de le mettre à nu durant quelques après midi pas trop froides et d’aider encore à sa cicatrisation.

Mais ce n’est pas tout ! Parce qu’un garrot blessé une fois restera fragile toute sa vie ensuite, la peau qui repousse étant plus fine que celle d’origine.
Surtout les premières fois où on re-selle, c’est quand même assez stressant et j’ai vraiment eu peur de le rouvrir. Là encore j’ai beaucoup de chance dans mes écuries car une amie m’a prêté ça :

A mettre sous le tapis, directement sur le cheval avec une bonne couche de vaseline sur la partie qui vient de cicatriser.
Très honnêtement ce n’est pas un produit qui m’a séduit. Je devais sangler Spirit comme une malade pour m’assurer que ça ne recule pas et malgré ça je l’ai retrouvé au milieu du dos plusieurs fois. Moi qui n’aime pas sangler mon cheval, ça m’énervait particulièrement cette histoire.
J’ai donc investi dans un pad de garrot mais d’un autre modèle :

C’est gras, ça colle, c’est pas agréable au toucher mais ça ne bouge pas d’un poil !! Je ne suis pas sûre que ce soit très agréable pour le cheval, ça doit lui tirer un peu les poils mais au moins le garrot est un minimum protégé.
Mais ça c’était au début, quand le produit était tout neuf !! Car au bout de deux semaines ça ne colle plus et comme celui en gel, ça recule. Donc j’ai arrêté d’utiliser ça, la plaie est bien refermée, je croise les doigts pour que ça reste ainsi et en cas de soucis j’aurais toujours ce pad de garrot sous la main.

Pour ce qui est des soins, bien évidemment bien désinfecter chaque jour à la Betadine pendant que c’est encore à vif, puis dans un premier temps je traitais avec du Dermaflon.
J’ai ensuite troqué le Dermaflon par du baume Goferval sur les conseils de JM et de sa femme. J’ai trouvé un pot dans un magasin à chantilly (33€ le petit) et il faut prendre quelques précautions pour l’utiliser : avoir les mains propres ou mettre des gants et ne pas utiliser le même doigt si on doit en rajouter. Il ne faut pas contaminer le pot si on veut le garder quelques temps.
Très honnêtement je ne sais pas s’il y a une différence entre ces deux produits, certes la cicatrisation s’est bien accélérée lorsque je suis passée au Goferval mais ça faisait déjà un moment que Spirit était traité + la couverture avec l’amortisseur. Donc je n’ai pas vraiment d’avis sur ce produit.

Depuis que la plaie n’est plus à vif, je lui mets du gel à base d’aloe vera afin d’hydrater la peau et qu’elle redevienne bien souple.
Les poils n’ont pas encore totalement repoussé et en plus ils sont jaune à cause du Goferval
Un vrai petit clown mon loulou ! Vivement le passage aux poils d’été ! :)

Bref dans tous les cas je vous souhaite bien du courage si vous vous retrouvez un jour dans ce cas là ! L’idéal étant de laisser la plaie respirer le plus possible pour une cicatrisation plus rapide. J’espère que mes conseils seront utiles et n’hésitez pas à me donner vos astuces si vous en avez ! :)

3 réflexions sur “Soigner une blessure au garrot en hiver

  1. Bonjour,
    Je viens de découvrir ton site, j’aurai besoin d’info!
    Je m’intéresse beaucoup à la santé des chevaux et donc également aux remèdes existants.
    La pommade Goferval est simplement cicatrisante ou bien à t elle d’autres vertus?
    Merci d’avance, Cécile.

  2. Bonjour,

    Voici ce que j’ai trouvé sur un site qui la propose à la vente :

    Goferval Baume est un baume exceptionnel. Il peut s’appliquer sur des blessures aigues et chroniques et favorise fortement le processus de cicatrisation.
    Goferval Baume est le traitement idéal des plaies profondes et/ou bourgeonnantes.
    Produit à base d’acide picrique et de miel.
    Goferval Baume favorise la formation du tissu connectif et stimule le processus de cicatrisation en assurant un marquage (cicatrice) minimal.
    Peut être utilisé sans risque lors de compétition, gestation, léchage…
    Goferval Baume s’utilise également en cas de crevasses, gale de boue et teigne.

    Baume cicatrisant pour chevaux – crème

    L’emploi de Goferval Baume est très simple. Il n’est pas nécessaire de nettoyer la plaie avec des produits à base d’iode ou autres.
    Après avoir essuyé la plaie avec un linge ou une compresse sans la faire saigner, la remplir au maximum de baume et recouvrir d’un bandage. Renouveler tous les jours. Au fur et à mesure de l’évolution, il ne sera plus nécessaire de recouvrir, mais de badigeonner avec un pinceau pour bien imbiber jusqu’à repousse du poil.
    En cas de blessures légères ou de crevasses, le pinceau suffit. Ne pas faire tomber les croûtes anciennes, celles-ci partiront d’elles-mêmes.
    Essuyer doucement la plaie avant chaque application pour en retirer les peaux mortes ou les purulences. Laver au savon et à l’eau tiède les écoulements sur les parties saines.
    Ce produit ne contient aucune substance interdite en compétition.
    Polyesters, miel, cire d’abeilles, lanoline, aloe vera, acide picrique, para hydro benzoate de methyle.

    Existe en Pot de 250 ml et 500 ml

  3. Je te remercie pour ta réponse, je vais dés à présent pouvoir essayer ce produit! Ayant deux chevaux à la maison les petits bobos et problèmes de peau sont assez fréquents ;-)
    Au plaisir de te lire!

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